Sanctions de la facturation électronique : ce que vous risquez vraiment
La loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, article 123) a relevé les amendes prévues pour les manquements à la réforme : 50 € par facture non émise au format électronique, une nouvelle amende de 500 € à 1 000 € pour les entreprises sans plateforme agréée, et 500 € par transmission d'e-reporting manquante. Beaucoup de guides en ligne citent encore les anciens montants — voici les chiffres à jour, avec leurs sources.
Les quatre sanctions, une par une
Ne pas émettre une facture au format électronique
50 € par facture
Plafond : 15 000 € par année civile
Montant relevé par la LF 2026 — le texte initial prévoyait 15 €. S’applique aux factures émises à compter du 1er septembre 2026 (grandes entreprises et ETI), puis du 1er septembre 2027 (micro, PME).
Ne pas avoir choisi de plateforme agréée pour la réception
500 €, puis 1 000 €
Plafond : Renouvelable tous les trois mois
Nouveauté de la LF 2026 : l’administration adresse d’abord une mise en demeure. Sans régularisation sous trois mois : 500 €. Toujours rien trois mois plus tard : 1 000 €, puis 1 000 € tous les trois mois.
Ne pas transmettre ses données d’e-reporting
500 € par transmission
Plafond : 15 000 € par année civile
Montant doublé par la LF 2026 (250 € auparavant). Concerne les ventes aux particuliers et les opérations avec l’étranger, à transmettre selon la fréquence de votre régime de TVA.
Omission ou inexactitude d’une mention obligatoire
15 € par omission ou inexactitude
Plafond : Au plus le quart du montant de la facture
Sanction préexistante de l’article 1737 du CGI, inchangée. Elle s’applique déjà aujourd’hui — les quatre nouvelles mentions de 2026 y seront soumises comme les autres.
La clause de clémence, en pratique
Pour le défaut d'émission et l'e-reporting, aucune amende n'est due s'il s'agit de votre première infraction sur l'année en cours et les trois années précédentes, et que vous la réparez spontanément ou dans les 30 jours d'une première demande de l'administration. Autrement dit : la première erreur de bonne foi se rattrape — l'inaction prolongée, non.
Questions fréquentes
Y a-t-il une tolérance pour une première erreur ?
Oui. Les amendes pour défaut d'émission électronique et pour manquement à l'e-reporting ne s'appliquent pas en cas de première infraction commise l'année en cours et les trois années précédentes, si elle est réparée spontanément ou dans les 30 jours suivant une première demande de l'administration.
Ces sanctions s’appliquent-elles dès septembre 2026 ?
Elles s'appliquent aux manquements constatés à partir de votre propre échéance : 1er septembre 2026 pour la réception (toutes entreprises) et l'émission des grandes entreprises et ETI, 1er septembre 2027 au plus tard pour l'émission des micro-entreprises et PME.
Qui contrôle et comment ?
L'administration fiscale (DGFiP). Le dispositif lui-même lui donne la visibilité : les plateformes agréées transmettent les données de facturation et d'e-reporting, et l'annuaire central recense les entreprises ayant choisi une plateforme de réception.
Y a-t-il une tolérance pour une première erreur ?
Oui. La loi de finances 2026 prévoit une clause de clémence : aucune sanction en cas de première infraction de l’année civile et des trois années précédentes, si le manquement est réparé spontanément ou dans les trente jours d’une première demande de l’administration.
Les amendes peuvent-elles s’accumuler sans limite ?
Deux plafonds annuels de 15 000 € s’appliquent : l’un au défaut d’émission de facture électronique (50 € par facture), l’autre aux manquements d’e-reporting (500 € par transmission). En revanche, l’absence de plateforme agréée pour la réception échappe à ce plafond : 500 €, puis 1 000 €, renouvelable tous les trois mois.
Depuis quand ces montants s’appliquent-ils ?
Ils ont été relevés par la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, à son article 123. Beaucoup de guides en ligne citent encore les montants antérieurs — 15 € par facture non émise et 250 € par e-reporting manquant.
Pour aller plus loin
- Le guide complet de la réformeCalendrier, plateformes, mentions : tout en une page.
- Simulateur d’échéancesVos dates d’obligation selon votre situation.
- Choisir sa plateforme agrééeL’obligation dont dépend la nouvelle amende de 500 €.
- Les mentions obligatoiresChaque omission coûte 15 € — la liste complète.